« Et Si les Champignons Sauvaient le Monde ? »-INRAA

« Les biotechonologies utilisant les champignons inspirent des chercheurs et entrepreneurs désireux de rendre notre quotidien durable et écolo.

Dans son ouvrage Mycelium Running: How Mushrooms Can Help Save the World, le mycologue américain Paul Stamets l’annoncait de manière prophétique: les champignons pourraient bien sauver la planète. Il y a dix ans, dans une conférence TED, il détaillait leurs incroyables propriétés: dépollution des sols, bio-pesticide, substitut aux matières plastiques, production de biocarburant…
Aujourd’hui, les biotechonologies utilisant les champignons inspirent chercheurs et entrepreneurs. Tour d’horizon de ces applications qui pourraient rendre notre quotidien durable et écolo.

Dépolluants naturels

Depuis 2007, Gil Burban se passionne pour les propriétés dépolluantes des champignons: «Ce sont les seuls organismes vivants capables de dégrader la lignine et la cellulose. Ces deux molécules principales du bois se retrouvent aussi dans les énergies fossiles et sont transformées en sucre par les champignons», explique cet ancien architecte.
Aujourd’hui, sa startup Polypop utilise les champignons pour traiter des sols contaminés par des hydrocarbures. Cet été, elle est intervenue trois mois sur un chantier d’Eiffage à Marseille. Un projet de dépollution douce unique en Europe: «On construit une sorte de lasagne géante en alternant des couches de terre polluée et des couches de substrat composé de paille, de copeaux de bois et de mycelium, ce réseau de filaments qui compose le champignon. Il faut maintenir une température et un taux humidité constants dans une absence totale de lumière», explique Gil Burban. Une fois ces conditions réunies, il n’y a qu’à laisser les champignons se développer et faire leur travail.
C’est ce qu’on appelle la bioremédiation: la décontamination s’effectue par des processus biologiques naturels. Difficile de faire plus écolo, car les champignons, en plus de digérer les polluants, facilitent le retour de la végétation. «Notre modèle, c’est le sol de la forêt», ajoute Gil Burban. » (…)

Source:

Article de Clément Baudet, INRAA
Publicités