Les Huiles Essentielles Réaniment l’Hôpital

« Discrètement mais sûrement, l’aromathérapie s’installe dans un nombre croissant de services hospitaliers français. Pour le plus grand bien des patients, des familles et des soignants.

senior-massage

Il y a quelques années encore, les rares infirmières ou médecins hospitaliers utilisant l’aromathérapie préféraient rester discrets. Puis, petit à petit, sous la pression du grand public, avec l’appui des premières études scientifiques et grâce aux expériences probantes d’autres pays européens, les hôpitaux français s’ouvrent, et de plus en plus de services officialisent l’utilisation de fragrances entre leurs murs blancs.

Soulager les maux de la vieillesse

Les services de gériatrie et de soins palliatifs ont été les premiers à s’intéresser à l’aromathérapie.

« Les personnes âgées sont souvent polymédicamentées, donc plus sensibles aux effets secondaires des traitements, ce qui nous incite à intégrer d’autres types de prises en charge », témoigne Géraldine Gommez, gériatre au centre hospitalier de Valenciennes.

Avant l’introduction des huiles essentielles en 2008, les cliniciens du pôle gériatrie pratiquaient déjà la relation d’aide, l’empathie ou les touchers détente.

L’aromathérapie a naturellement enrichi leur palette de soins. Des protocoles rigoureux ont été établis (prescription médicale, traçabilité, évaluation…) et les soignants se sont formés à cette méthode, qu’ils intègrent désormais au quotidien. Ainsi, une association d’huiles essentielles de Gaulthérie couchée et de Katafray diluées dans une huile végétale apporte une réponse rapide aux douleurs articulaires, permettant de limiter le recours à des antalgiques puissants.

Le mélange dilué Lavande fine et Tea tree est, quant à lui, souvent efficace contre des mycoses cutanées très invalidantes chez ces populations. Pour calmer l’anxiété, l’angoisse et l’agitation fréquentes de ces patients, des hôpitaux ont recours aux huiles essentielles de lavande, d’orange douce et de camomille noble via des inhalations (mouchoir à respirer ou stick inhalateur personnel) et des onctions sur le dos, la voûte plantaire, le sternum ou l’intérieur des poignets. La mélisse, elle, est utilisée de façon privilégiée pour aider au lâcher-prise.

Ouvrir aux soins alternatifs

« Au-delà de leurs vertus thérapeutiques, les huiles essentielles transforment la relation, analyse Géraldine Gommez. En fin de vie, ce type de prise en charge améliore de façon considérable l’accompagnement du patient et de ses proches. Les soignants sont remis au coeur de leur métier – le « prendre soin »- et en ressortent grandis et enrichis dans leur pratique. »

« Pour adoucir les maux du quotidien et atténuer les effets secondaires de traitements parfois insupportables, les services d’oncologie sont très ouverts aux soins alternatifs », explique le Pr Anne-lise Lobstein, responsable scientifique du premier diplôme universitaire (DU) d’aromathérapie clinique en France.

Afin de soulager les effets consécutifs aux chimiothérapies, on propose aux patients de respirer de l’huile essentielle de Menthe poivrée ou de Citron contre les nausées, en prévention ou dès qu’ils en ressentent le besoin; et en réponse au syndrome main-pied (réaction inflammatoire de la peau très invalidante), un composé d’huiles essentielles de Bois de rose, de Lavande aspic et de Ciste.

Celui-ci, développé par une équipe luxembourgeoise, sera bientôt introduit à l’hôpital Pasteur de Colmar, qui vient également de mettre en place un protocole prometteur pour réduire les démangeaisons intenses provoquées par certaines chimiothérapies sous-cutanées. Enfin, après chaque radiothérapie, l’application sur la zone exposée d’huile essentielle de niaouli mélangée à du gel d’aloès permet de réduire les rougeurs et les inflammations locales.

Stimuler ou calmer l’esprit

Plusieurs établissements s’intéressent aux vertus de l’aromathérapie, plus particulièrement pour accompagner les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

« Déjà une dizaine de publications scientifiques montrent l’apport des huiles essentielles pour cette pathologie » détaille Anne-Lise Lobstein.

À tel point que l’Assistance publique hôpitaux de Paris souhaite valider l’intérêt de l’aromathérapie auprès de patients. Une première étude a débuté sur trois centres hospitaliers, en vue de mesurer l’impact de diffusions aromatiques sur les troubles du comportement et du sommeil. » Au sein du Centre mémoire de ressources et de recherche du CHU de Nice se met en place un projet visant à améliorer le comportement, la motricité et la cognition.

Grâce à des capteurs vidéo, les perturbations comportementales sont repérées et des solutions non médicamenteuses leur sont proposées: « serious games » (*), interventions musicales ou diffusion automatique d’huiles essentielles personnalisées et adaptées. « L’importance des odeurs dans la maladie d’Alzheimer est de plus en plus mise en évidence, car la mémoire olfactive est la plus résistante », commente le Pr Philippe Robert, directeur du CMRR. Le vaste potentiel thérapeutique des huiles essentielles, est bien plus qu’une mode, et s’avère réellement prometteur. Leur déploiement pourrait bien apporter ce supplément d’âme pour soigner les bleus du corps, comme ceux de l’esprit. »
(*) Jeux vidéo à visée éducative, informative, stimulatrice.


Sources:
Article de Sophie Bartczakavec
http://www.centre-presse.fr/article-421187-les-huiles-essentielles-reaniment-l-hopital.html
http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Actualite/Sante/n/Contenus/Articles/2015/10/24/Les-huiles-essentielles-reaniment-l-hopital-2510180

Cet article n’engage que son auteur/ This article is the sole responsibility of the author

Publicités