BASF Toujours un peu plus Chinois

« Le géant mondial poursuit ses avancées en Chine. Déjà très implanté dans le pays, BASF continue toujours d’y accroître capacités et effectifs. Si le groupe est présent depuis 130 ans sur place, avec des ventes de colorants pour textiles dès 1885, et des ventes en Chine qui comptaient pour 14 % de son chiffre d’affaires mondial dès 1913, il a considérablement renforcé son implantation locale ces 20 dernières années.

Une période sur laquelle il y a investi plus de 4 milliards d’euros. Et la profusion des projets chinois de BASF ne va pas atténuer cette tendance. Rien qu’en 2015, le groupe a prévu de mettre en service une dizaine de projets. On peut retenir les démarrages de son usine de MDI de 400 000 tonnes par an à Chongqing et d’une unité résines et d’électro-revêtements à Shanghai à la fin de l’été, ou de son unité de 100 000 t/an de polyamides à Caojing au printemps.

Le 12 octobre, BASF a aussi inauguré son usine d’isononanol (INA) à Maoming, dans le sud de la Chine. Porté par sa coentreprise BASF MPCC Company détenue à parts égales avec Sinopec, ce projet est d’autant plus marquant qu’il s’agit d’une usine de taille mondiale, dotée de capacités de 180 000 t/an, mais surtout qu’elle serait la toute première d’INA dans le pays. Le montant de l’investissement n’a pas été dévoilé.

« Fabriquer en Asie 75 % des produits qu’il écoule localement »

Cet actif va permettre à BASF de mieux répondre à la demande croissante en plastifiants de nouvelle génération. L’INA est utilisé pour produire du di(isononyl)phtalate (DINP), un plastifiant phtalate à haut poids moléculaire, lequel se substitue de plus en plus à ceux de bas poids moléculaire en raison de meilleures propriétés toxicologiques, indique le groupe.

Le DINP comporte aussi des risques et son usage est notamment interdit en Europe dans les produits infantiles. Les principales applications sont dans l’automobile, la construction, la fabrication de revêtements de sols, ou encore celle de câbles.

En plus des projets inaugurés, on dénombre une multitude de projets en cours ou à venir en Chine. Dernier en date, annoncé le 8 octobre : un renforcement des capacités de son usine de Jinshan, près de Shanghai, qui produit des esters cireux, des émulsifiants et des tensioactifs. Le projet porte sur l’ajout d’une unité d’émollients et de cires.

Là non plus, BASF n’a pas indiqué le montant de l’investissement. Le démarrage est fixé pour le premier trimestre 2017. L’objectif est de mieux répondre à la demande croissante en produits de soins en Asie-Pacifique, en Chine particulièrement, décrite comme un des marchés les plus en croissance sur ce segment. Ces émollients et cires de BASF sont employés dans les produits de soins de la peau, de soins pour les bébés et les enfants, les déodorants ou encore les produits d’hygiène buccale. L’un des avantages du site de Jinshan est sa localisation, à proximité directe du Campus innovation asiatique de BASF, implanté à Shanghai. Ce qui permettra ainsi un meilleur développement des produits pour les besoins spécifiques aux marchés locaux.

Avec ces deux dernières avancées, BASF progresse encore sur son ambition de fabriquer en Asie environ 75 % des produits qu’il écoule localement . En 2014, les ventes de BASF en Asie-Pacifique affichaient 12,3 Mrds € (74,3 Mrds € dans le monde pour le groupe). À elle seule, la Chine (Taïwan et Hong Kong inclus) avait compté pour 45 % de ce chiffre d’affaires. Loin devant les deux principaux marchés régionaux suivants : le Japon (12 %) et la Corée du Sud (9 %). »


Source:
Article de Julien Cottineau
http://www.industrie.com/chimie/basf-toujours-un-peu-plus-chinois,68126

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