Le Cefic Souhaite des Efforts Partagés

« C’est un appel à une politique mondiale aux contraintes partagées. À quelques semaines de la COP21, qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre, le Cefic a profité de son Assemblée générale à Bruxelles (Belgique) les 8 et 9 octobre, pour émettre des encouragements et des souhaits.

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Assurant partager le même désir d’une économie bas carbone, la fédération européenne de la chimie presse les décideurs politiques de l’UE de faire aboutir la COP21 sur un accord qui se doit d’être ambitieux.

C’est-à-dire assurant les mêmes contraintes environnementales à l’ensemble des régions économiques de la planète. Comme d’habitude, le Cefic n’a pas manqué de faire valoir les efforts des chimistes en Europe, qui ont réduit de plus de moitié leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) depuis 1990. Ni de rappeler le fait que l’industrie chimique est un pourvoyeur central de solutions pour diminuer les émissions de GES. Et comme d’habitude, le Cefic n’a pas oublié d’insister sur la nécessité que l’UE ne soit pas la seule au monde à faire des efforts.

Évoluant déjà dans l’environnement réglementaire le plus contraignant de la planète, la chimie européenne, comme les secteurs industriels du continent, souhaite que les contraintes soient égalitaires dans le monde, notamment dans les régions les plus génératrices de GES, afin d’éviter en particulier les risques de fuite carbone.

« Des contraintes égalitaires dans le monde »

Ces souhaits ne sont pas révolutionnaires ni nouveaux.

Mais le contexte joue toujours un peu plus en défaveur de l’UE. Si elle se pose en première de la classe au niveau mondial pour ses efforts en matière d’impact environnemental, son industrie ne fait qu’en pâtir.

Les souhaits du Cefic interviennent également en plein débat sur l’énergie, trop coûteuse et pas assez accessible sur le continent par rapport à d’autres zones très privilégiées comme les États-Unis, l’Asie et le Moyen-Orient, et en pleine réforme en cours du système des échanges de quotas de CO2 (ETS).

Réforme dont les orientations ambitionnées par la Commission européenne sont encore très critiquées.

« En tant que fournisseur de solutions et d’innovations pour la plupart des secteurs industriels, l’industrie chimique permet à l’UE d’atteindre ses objectifs en matière de prévention du changement climatique et de transition énergétique. Mais nous avons aussi besoin que l’UE nous aide à reconquérir de la compétitivité en adoptant des politiques claires, réalistes et à long-terme, qui permettent de faire revenir investissements et croissance dans la région », plaide Jean-Pierre Clamadieu, le président du Cefic et p-dg de Solvay.

D’autant que peu à peu, la chimie européenne perd du terrain au niveau planétaire. Entre 1994 et 2014, ses ventes mondiales sont passées de 308 à 551 milliards d’euros. Mais en 20 ans sa part dans le marché global a dévissé de 32 % à 17 %. Le Cefic projette qu’entre 2014 et 2030, les ventes mondiales de la chimie passeront de 3 232 Mrds € à environ 6 300 Mrds €, avec une part européenne réduite à terme à seulement 12 %. Dans le même temps celle de la Chine passerait de 34 à 44 %…

Pour assombrir un peu plus le tableau, la conjoncture demeure toujours morose, principalement avec la faiblesse de l’économie européenne.

Selon le dernier bilan dévoilé par le Cefic, la production chimique de l’UE n’a progressé que de 0,2 % sur les sept premiers mois de l’année par rapport à la même période en 2014. Les prix ont fléchi de 4,6 %, et les ventes de 3,1 %. Du coup, la fédération européenne, comme l’UIC, a revu ses perspectives à la baisse pour 2015.

Fini les 1,5 % envisagé en début d’exercice, désormais il est entrevu 1 %. Et pour 2016, le Cefic n’envisage pas plus de 1,5 %. »


Source:
http://www.industrie.com/chimie/le-cefic-souhaite-des-efforts-partages,67529

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