Les Acylglutamates : Une Pépite de Tensio-Hyper-Actifs !

« Les dérivés d’aminoacides constituent une famille très large d’ingrédients dont les fonctionnalités sont multiples. Nous avons déjà traité certaines parties comme les biopeptides ou lipoaminoacides. Voici une autre famille particulièrement intéressante avec les dérivés de l’acide glutamique, plus connus sous le nom « d’acylglutamates« , et qui présentent un intérêt majeur comme base de formulation de préparations moussantes de toutes natures. Ce sont de remarquables tensioactifs. Virginie Gerenton, qui s’en est beaucoup occupé ces dernières années, nous fait voyager dans cet univers.« 

1443278775

Au cœur de la chimie des lipoaminoacides, les acylglutamates ont suscité le réel intérêt de la cosmétique européenne à la fin des années 90, pour des applications dans les produits à rincer. Reconnus d’un point de vue scientifique comme des tensioactifs multifonctionnels doux, ces tensio-hyper-actifs sont dotés de multiples facettes et sont encore très prometteurs pour les années à venir.

Petit retour aux sources

Les acylglutamates sont composés d’un acide gras à chaîne C8 ou plus et de l’acide L- glutamique, et sont obtenus par réaction d’acylation.

À l’origine, le chercheur japonais Kikunae Ikeda a identifié le goût umami (savoureux) en 1908, comme étant du glutamate. Il a découvert que le bouillon d’algues kombu en contenait, mais aussi les légumes, la viande, le poisson, les produits fermentés. Il breveta l’industrialisation d’un assaisonnement à base de glutamate de sodium sous le nom de Ajinomoto et s’associa en 1908 avec Saburosuke Suzuki, un industriel japonais, pour produire et commercialiser son invention.
Depuis lors, le glutamate de sodium est utilisé dans l’alimentaire comme exhausteur de goût.

C’est dans les années 60 que d’importantes recherches ont été conduites sur les acylglutamates comme tensioactifs anioniques doux. Le premier grade d’acylglutamate fut lancé par Ajinomoto en 1972 et utilisé pour la 1ère fois dans un pain nettoyant dermatologique par la marque Yamanouchi Pharmaceutical Co. au Japon.

En Europe, les industriels de la cosmétique se sont intéressés à cette chimie au milieu des années 90. Beiersdorf a notamment beaucoup travaillé sur le Sodium cocoyl glutamate, et fut un des premiers groupes européens à l’utiliser dans ses produits mis sur le marché dans le réseau de la grande distribution. Une nouvelle génération des produits d’hygiène est alors née, plus qualitative et respectueuse de la structure de l’épiderme.

Au niveau des industriels de matières premières, le groupe Z&S fut le premier en Europe, en 1995, à produire des acylglutamates dans son usine italienne à Tricerro et continue aujourd’hui à innover dans ce domaine.

Procédés d’industrialisation : vers une approche durable ?

Les acylglutamates sous forme neutralisée sont obtenus par réaction d’un chlorure d’acide gras avec de l’acide glutamique, suivant la réaction de Schotten-Baumann comme indiqué ci-dessous dans le cas d’une neutralisation au sel de sodium :

Le sel de sodium peut être remplacé par du sel de potassium.
Il est également possible d’utiliser des sels organiques comme le TEA.

Un solvant est nécessaire dans le procédé d’industrialisation et donne donc un sous-produit de réaction, en plus du sel résiduel provenant de la réaction de Schotten – Baumann. Les solvants utilisés peuvent être de l’hexane, de l’acétone, de l’alcool isopropylique, du propylene glycol, du propanediol.

Différentes approches existent dans l’industrie chimique, suite à la réaction principale de Schotten-Baumann :

• séparation avec un acide inorganique pour éliminer le sel et le solvant suivi d’une neutralisation : le produit final est d’une grande pureté mais le procédé utilisé nécessite plusieurs étapes avec une grande consommation d’énergie ;
• le sel est conservé à la fin du procédé et le solvant est distillé : c’est une approche plus durable que la précédente mais qui nécessite une étape supplémentaire à la réaction principale ;
• le sel et le solvant sont conservés à la fin du procédé industriel : c’est l’approche la plus durable qui se fait en une étape. Le choix du solvant est donc primordial et peut, dans le cas du propanediol, apporter des bénéfices supplémentaires à l’acylglutamate, comme l’hydratation ou l’amélioration de la solubilité des formulations.

Bien que la pureté du grade d’acylglutamate obtenu soit essentielle, les industriels notent une demande croissante des marques cosmétiques pour des grades issus d’une approche durable.

Un autre point important dans cette approche durable est l’origine végétale et renouvelable des matières premières constituant un acylglutamate. L’acide gras provient de l’huile de noix de palme, RSPO (« Roundtable on Sustainable Palm Oil ») si possible, ou de l’huile de coco. L’acide glutamique est issu de la fermentation de la mélasse de betterave à sucre ou du blé.

L’importance de l’acide glutamique et des acides gras pour la peau et le cheveu

L’acide glutamique et les acides gras sont des composants physiologiques de la peau et du cheveu. L’acide glutamique est un acide aminé important du NMF (Natural Moisturizing Factor) de l’épiderme et un précurseur du PCA, mais aussi de la proline et de l’hydroxyproline, soit de deux acides aminés essentiels dans la synthèse du collagène et de l’élastine. La kératine contient 15 % d’acide glutamique.

Les acides gras libres dans la couche cornée représentent 25 % de la quantité totale des lipides de l’épiderme. Ils sont essentiels à la fonction barrière de la peau.

Durant le processus de kératinisation, à savoir le procédé par lequel la couche cornée est obtenue, une importante quantité d’enzymes provenant des corps de Odland est exocitée dans l’environnent extracellulaire. Ces enzymes peuvent cliver différents substrats.

Si on applique un acylgmutamate sur la peau, il est clivé par ces enzymes et les deux composants originaux sont alors obtenus : acide gras et acide glutamique.

Cela signifie qu’il n’y aura pas de résidus de tensioactif sur la peau ou sur le cheveu, propriété spécifique et essentielle des acylglutamates et des acylaminoacides en général. Par l’application de ces tensioactifs, on redonne à la peau et aux cheveux ses composants physiologiques.

Propriétés des acylglutamates

Tests effectués par le groupe Z&S

Tensioactifs non irritants


Les acylglutamates, quelle que soit la chaîne grasse, sont non irritants.

100 % des cellules ont survécu en présence de Sodium capryloyl glutamate.
Il en est de même pour des chaînes grasses plus longues.

Tensioactifs non délipidants

Le cholestérol, par exemple, appartient aux lipides intercellulaires de la couche cornée qui jouent un rôle essentiel dans la fonction barrière de la peau. Il ne doit pas, ou peu, être dissous par un tensioactif introduit dans une formule nettoyante.

Le Sodium lauroyl glutamate, et les acylglutamates de façon générale, quelque soit la chaîne grasse, sont non-délipidants. Ils éliminent le squalène, un composant important du sébum, mais pas les lipides du ciment intercellulaire essentiels au bon maintien en eau de la couche cornée. Ceci s’appelle le pouvoir sélectif nettoyant des acylglutamates.

Propriétés actives liées au couple chaîne grasse – acide glutamique

Un exemple avec l’hydratation pour le cocoyl et le lauroyl :

Le Sodium cocoyl glutamate améliore significativement l’effet hydratant des formulations à rincer. Il permet aussi de diminuer l’adsorption d’un SLES (Sodium lauryl ether sulfate) sur la peau et est un émulsionnant H/E hydrophile avec possibilité d’un procédé à froid. Il peut donc être utilisé dans des produits à rincer et non-rincés. Il en est de même pour la chaîne lauroyl.
Ce sont les deux chaînes grasses les plus utilisées actuellement sur le marché cosmétique.

Le schéma ci-dessous résume les différentes propriétés actives des acylglutamates suivant la chaîne grasse choisie, ajoutées à celle de l’acide glutamique.

Le groupe Z&S propose une large gamme d’acylglutamates sous le nom commercial « PROTELAN » avec une approche durable et innovante.

« Pépite », oui, ces tensio-hyper-actifs le sont !

Multifonctionnels, apportant de multiples bénéfices à la peau et aux cheveux, ils sont très modernes et répondent parfaitement aux attentes des consommateurs du 21e siècle tout en facilitant grandement la vie des formulateurs ! Ils permettent de formuler de façon raisonnée des produits à rincer et non-rincés, en respectant le fameux « Less is More » : moins d’ingrédients, plus de bénéfices. Ils s’intègrent parfaitement dans une chimie durable et responsable. »

Virginie Gerenton

« Après un DEUG de Sciences des Structures de la Matière, Virginie a obtenu une Maîtrise des Sciences et Techniques Physico-chimie de la Formulation Option Cosmétique, Parfums et Arômes à l’Université des Sciences de Montpellier. Elle a complété sa formation par une valence Marketing avec l’obtention d’un DESS à l’IAE de Dijon. Plus récemment, elle a suivi un cursus en auditeur libre aux cours de Culture et Gestion de l’Innovation au CNAM à Paris. Après un premier passage dans une fonction technique chez Uniquema, elle a pris différentes responsabilités dans des fonctions marketing et commerciales dans le monde des tensioactifs et des surfactants. Elle a été pendant plus de 10 ans Responsable des Ventes/Marketing France chez Zschimmer-Schwarz France. »


Source:
Article de Virginie Gerenton
http://www.observatoiredescosmetiques.com/actualite/ingredients/les-acylglutamates-une-pepite-de-tensio-hyper-actifs-3243

Cet article n’engage que son auteur/ This article is the sole responsibility of the author

Publicités

New Research Confirms Additional Efficacy In Topical Applications

« Sophim has shared new research findings confirming extra efficacy on skin by Biophytosebum®, a dry vegetable emollient with active properties from olive.

shutterstock_103649270

The low molecular weight molecules, produced by Sophim in Provence region, South of France, proved to be highly effective in skin care and decorative cosmetics.

Studies were conducted to evaluate the soothing effect of Biophytosebum on skin damaged by a chemical irritant agent (SLS: sodium lauryl sulfate) and of its efficacy in improving skin elasticity and moisturising.

In vivo data suggest that Biophytosebum reduces TEWL (Trans Epidermal Water Loss) and plays a key role in the recovery of the lipidic skin barrier, where liquid wax-esters and squalene are major components.

Biophytosebum is a China-listed (Inventory of Existing Cosmetic Ingredients) and Cosmos-approved, 100 % vegetable ingredient with excellent sensorial benefits.

It gives a light and non-greasy texture to the finished product, whereas its active bio-molecules help the skin to remain moisturized and youthful.

Biophytosebum® is only available in the UK from Azelis. »


Sources:
http://www.personalcaremagazine.com/story/14958/new-research-confirms-additional-efficacy-in-topical-applications
Contact: www.sophim.com

Cet article n’engage que son auteur/ This article is the sole responsibility of the author

Polymères Biosourcés : Améliorer les Propriétés pour L’Industrialisation

« Le pôle de compétitivité IAR a organisé une journée technique sur les polymères biosourcés le 22 septembre. Rassemblant acteurs de la recherche académiques et industriels, cet événement a constitué l’occasion de faire le point sur les avancées en matière de polymères issus de la biomasse et en voie de développement.

Ainsi, la série de conférences a évoqué les différents drivers qui soutiennent le marché actuel des polymères issus de la biomasse.

« Il existe plusieurs tendances portant l’implantation des polymères biosourcés : la demande sociétale, la demande de la supply chain due à l’instabilité des cours du pétrole, un meilleur coût de production des intermédiaires nécessaires (tels que l’acide succinique pour le PBS), les nouvelles fonctionnalités ou propriétés apportées par les polymères biosourcés, et enfin la réglementation », indique Jean-Michel Brusson, délégué scientifique chez Total en charge des biotechnologies, de la biomasse et de la catalyse de polymères.

Optimiser la tenue à la transformation des biopolymères

La série de conférences a été l’occasion pour les participants de s’informer et de discuter des travaux autour des relations structure-propriété de polymères issus de la biomasse (lignocellulosique, saccharifère ou oléagineuse).

Pour optimiser l’utilisation de ce type de composé, il est possible d’y adjoindre des additifs (de préférence durables) pour accroître leur tenue à la température ou leur résistance mécanique. « Par exemple, le PBS possède des propriétés thermiques et mécaniques (à la rupture) comparables à celles du polyéthylène. Cependant, il se révèle moins pratique à extruder », explique Françoise Fenouillot, professeur à l’Insa de Lyon.

Avant de poursuivre : « Dans le cadre des projets FUI Thalia, le laboratoire est parvenu à améliorer son application en injection et extrusion notamment en incorporant un additif, un allongeur de chaîne et du PLA ». De son côté, la structure poitevine Valagro Carbone Renouvelable a expliqué les écueils de l’utilisation du PLA en plasturgie. « Il est possible d’améliorer les propriétés du PLA (tenue à chaud, résistance aux chocs, perméabilité aux gaz, sensibilité à l’hydrolyse) en travaillant sur la formulation. Des solutions techniques existent déjà mais elles ne sont pas encore adaptées en matière de coût ou de teneur en biocarbone », indique Cédric Dever, directeur scientifique de Valagro.

L’événement organisé par le pôle IAR a également constitué l’occasion pour présenter les projets de R&D en cours sur les polymères biosourcés.

Ainsi, l’Institut Charles Gerhardt de Montpellier a pu présenter les études réalisées sur l’utilisation de tanins pour la substitution de bisphénol A dans le cadre du projet Green Epoxy, programme retenu lors du 18e appel à projets FUI. Le Limat Bretagne a exposé ses travaux dans le cadre du programme BlueEcoPHA lancé en mai, et visant à produire du PHA à l’aide de bactéries marines. L’université Claude Bernard Lyon I a, quant à elle, évoqué le projet de R&D SOragO, lauréat du 15e appel à projets des pôles de compétitivité. Il a pour objectif de travailler sur la réduction de l’impact environnemental des peintures industrielles, en particulier pour le coil coating en métallurgie. »


Source:
http://formule-verte.com/polymeres-biosources-ameliorer-les-proprietes-pour-lindustrialisation/

Cet article n’engage que son auteur/ This article is the sole responsibility of the author

Multi- Benefit Polymer for Color, Skin and Sun Care

« Lubrizol Corporation announced the launch of Avalure Flex-6 Polymer, a multi-benefit solution for color, sun and skin care.AvalureFlex6Polymer_Lubrizol_CT_Image

Lubrizol Corporation announced the launch of Avalure Flex-6 Polymer (INCI: Polyurethane-62 (and) Trideceth-6), which has a range of pigment dispersion capabilities.

This new technology was designed for better hiding power and wear in makeup, in addition to providing more uniform coverage, protection and water resistance in sun care and daily skin care products.

Among other advantages, Avalure Flex-6 Polymer has a consistent thickening efficiency across a wide pH range of 3-10.

It is also compatible with high levels of metal oxide pigments and is transfer-resistant and water-resistant in color cosmetic applications.

The ingredient acts as a film-former at 1 % w/w use level, allowing more uniform coverage, and provides rheology modification.

With long-lasting effects, Avalure Flex-6 Polymer has a positive impact on emulsion sensory characteristics, leaving skin feeling soft and powdery with a silicone-like after feel. »


Source:
Article de Jennifer Novoseletsky
http://www.cosmeticsandtoiletries.com/formulating/category/skincare/Multi-benefit-Polymer-for-Color-Skin-and-Sun-Care-330106891.html

Cet article n’engage que son auteur/ This article is the sole responsibility of the author

Parfums Masculins : La Guerre des Sexes

« Au royaume des senteurs, hommes et femmes ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde, ce qui génère parfois quelques malentendus olfactifs. Quels sont les nouveaux parfums qui sauront les séduire et nous mener par le bout du nez ? Enquête à fleur de peau.

parfums-masculins--pourquoi-hommes-et-femmes-ne-sentendent-pas

Un parfum pour les hommes qui aiment les femmes qui aiment les hommes. » C’était – au siècle dernier – la pub d’Azzaro Pour Homme, le hit des golden eighties. Et si les femmes n’aimaient pas les parfums qu’aiment les hommes ? À les entendre, elles sont pourtant intarissables sur « l’odeur de leur mec », l’after-shave de (grand-)papa, le sillage d’un amour enfui ou les jus qu’elles leur ont volés, d’Habit Rouge de Guerlain à Eau Sauvage de Dior, en passant par Égoïste de Chanel, Pour Un Homme de Caron, ou bien le dernier Terre d’Hermès, statistiquement le chéri de ces dames.

Mais quand on évoque certains block-busters qui trustent les cous et les podiums, les narines féminines se froncent. Alors qu’elles pillent leur vestiaire et leurs colognes, aucune n’encense les fameuses fougères que ces messieurs, eux, adorent. « N’oublions pas que nous sommes venus au parfum par le rasage », décrypte l’olfactologue Pierre Aulas. En fait, pas mal avouent n’avoir jamais pu initier leur douce moitié à l’art du sent-bon. « Trop peur de cocotter. » Combien de flacons à la mode achetés pour une fête dorment dans les placards ?

L’éternel masculin

Ce divorce olfactif n’étonne pas Thomas Fontaine, le parfumeur de la maison Patou, le premier couturier à avoir créé un parfum unisexe, en 1929, appelé Le Sien. « Nous ne sentons pas de la même façon, reconnaît-il, et, hormones obligent, l’odorat se révèle plus aiguisé et plus changeant du côté féminin. Plus téméraire aussi. En général, Ève se révèle plus sensible aux notes musquées, et Adam aux notes boisées, mais pas partout… En Orient, monsieur sent la rose et la fleur d’oranger, en Italie et en Espagne, les agrumes, aux États-Unis, la lessive, et au Japon… rien du tout.

« Le parfum, c’est de la mémoire, de la culture et de la sexualité », insiste notre expert. Une histoire de peau, aussi… Plus épaisse, plus chaude, plus acide (ils mangent plus de viande), elle transpire aussi davantage. C’est pourquoi le dihydromyrcénol, molécule testostéronée à l’odeur de propre, réagit très bien sur eux, alors que d’autres – tel l’indol, issu du jasmin – peuvent réveiller le fauve chez ceux qui fréquentent moins le savon. « Les hommes veulent de l’efficacité jusqu’au soir, confirme Emmanuelle Cartier chez Sephora, car dans la journée, ils ne se reparfument pas, contrairement à nous. »

Véronique Nyberg, parfumeuse chez Mane, qui a signé Invictus de Paco Rabanne, le grand vainqueur de l’année, assure composer de la même façon pour les deux sexes. « Les matières premières sont exactement les mêmes, mais dosées et travaillées différemment. Je crée avant tout avec ma sensibilité artistique et mon inconscient. »

La shopping list de la rentrée :

Drakkar Noir, le parfum que portait son père, aurait-il laissé des traces ? Reste que le brief marketing est toujours là pour rappeler aux nez les codes de la virilité qui, eux, suivent l’évolution de la société. La norme oscille toujours entre tradition et modernité. En ce moment, le monde n’inspire guère à la tendresse et au low profile. Après avoir beaucoup emprunté au territoire féminin, le mâle reprend du poil de la bête. La barbe pousse et le parfum cogne comme dans les années 1980. Le sillage aussi se fait vintage. « Value is money, comme toujours en période de crise, analyse Pierre Aulas.

« Il y a clairement deux écoles, remarque Frédéric Malle, qui lance Monsieur, un envoûtant patchouli overdosé : les parfums qui crient « je suis là » et ceux qui charment mezza voce, les grandes productions hollywoodiennes et les « indés », des créations plus personnelles et confidentielles où les genres sont moins marqués. » Les femmes déclarent préférer les seconds, mais offrent beaucoup les premiers.

Alpha-mâle et génération z

En attendant, pour ne pas trop bousculer les néomachos, les marques n’en finissent pas de revisiter les classiques. L’accord fougère aux accents de mousse à raser se réincarne de nouveau en boisé aromatique plus ou moins fusant, plus ou moins oriental, plus ou moins gourmand, plus ou moins épicé, plus ou moins oud. Ce qui a changé ? De nos jours, il y a toujours une petite caresse quelque part. Les femmes, Jean Paul Gaultier et Cinquante Nuances de Grey sont passés par là.

« Après la vague des versions sport et des colognes, les nouveautés de la rentrée la jouent en mode intense », confirme Isabelle Ferrand de la société Cinquième Sens. C’est le cas de La Nuit de L’Homme L’Intense d’Yves Saint Laurent ; Au Masculin de Lolita Lempicka ; Spice Bomb Extreme de Viktor & Rolf ; Chrome Intense d’Azzaro ; Velours Intense de Daniel Hechter… Tous ont accentué les notes de fond boisées, ambrées, cuirées ou tabac, mais n’oublient jamais la légère note florale, sucrée, voire aphrodisiaque comme le fruit maninka dans The Scent d’Hugo Boss, autre champion du chromosome Y.

Quant à la « fraîcheur internationale », qui longtemps fit le succès de Cool Water de Davidoff et d’Acqua di Giò de Giorgio Armani, elle coule de source mais actualisée avec de la bergamote, du pamplemousse, des épices froides et des aromates comme la baie rose, la cardamome, la sauge sclarée, le gingembre, la menthe. Pour les jeunes, on ajoute un peu de fruits aqueux, pomme, ananas, melon…

Héros pour éros senteurs

Invictus parle clairement d’homme viril et musclé qui sort de la douche, ce qui impressionne beaucoup les ados ayant besoin de s’affirmer, mais aujourd’hui le sportif, le héros, le séducteur, l’aventurier, le rebelle, le golden boy assume sa complexité, sa sensibilité, son authenticité, ose même l’humour comme 1 Million de Paco Rabanne ou L’Homme Idéal de Guerlain, gros succès du moment avec Bleu de Chanel et Terre d’Hermès. Enfin ça, c’était avant l’arrivée de Sauvage, né pour gagner.

Avec cette fougère diorisée, le parfumeur François Demachy avoue avoir surdosé toutes les notes archétypales du mâle, saupoudrées d’une infime pointe sucrée-grillée pop-corn très appétente pour la jeune génération.

Si l’on en croit une des vendeuses du Sephora Champs-Élysées, pour l’instant, ce sont surtout les femmes qui se précipitent pour flairer ce Sauvage au sang chaud. Même si de plus en plus d’hommes, surtout les jeunes, shoppent leurs flacons eux-mêmes, les filles restent l’élément moteur pour les plus de 35 ans. « Ils sont plus sensibles aux conseils, aux marques et… aux égéries », confirme Emmanuelle Cartier. Ce mois-ci, ils sont servis.

Pour soutenir les frappes aériennes des grandes maisons, c’est Star Wars en rayon. Après Simon Baker, le héros de Gentlemen Only de Givenchy, Gaspard Ulliel, le rebelle de Bleu de Chanel, Theo James, le tombeur de Boss The Scent d’Hugo Boss, impossible d’échapper à Johnny Depp, qui joue les cow-boys modernes pour Dior sous la direction de Mondino… Que des hommes qui plaisent aux femmes et font rêver les hommes ! « 

En images

parfums1a parfums1b


Source:
Article de Marion Louis
http://madame.lefigaro.fr/beaute/parfums-la-guerre-des-sexes-280915-98565
Cet article n’engage que son auteur/ This article is the sole responsibility of the author

Francis Kurkdjian and Fabien Ducher, Changing History in a Bottle

« Together, a fragrance legend and a horticultural pioneer have cultivated what could be the first new perfume rose in more than a century.

27tmag-10arena_rose-t_CA0-articleLarge
The new rose created by the nose Francis Kurkdjian and the breeder Fabien Ducher. They spent six years ferreting out the ancestral chains of Damask and May roses to develop their hybrid, which they call Nevarte.

When it comes to perfumery, there is perhaps no flower or ingredient as important as the rose.

It is as crucial to the alchemy of many fragrances as yeast is to making bread, an element both powerful and supple. In some scents it is the central facet, the essence of refined femininity. In others, it’s the magical, undetectable elixir. The rose is one of the few flowers that is not ‘‘mute’’ — that is, its smell can be extracted from its petals, unlike honeysuckle, peony or lilac, which have to be concocted in the lab — and technology has not been able to improve on it.

Perfume roses live in a different dimension from the ones we see most often: wax-perfect and upright as No. 2 pencils in a frosted vase, with no smell at all.

The sueded petals of perfume blossoms are tethered to stems as willowy as a shoelace of licorice, on plants cultivated without an eye for garden beauty. They peak on a single early morning in ancient fields in obscure locations and must be plucked by hand before the sun turns them limp, robbing them of their redolence. Just yards away sit copper stills in which they are processed by methods that haven’t changed much in generations.

Yet what is perhaps more interesting is that the variety of roses used to make perfume haven’t changed in all that time either.

Whereas cut-flower farms experiment constantly with new hybrids in a range of sometimes-unnatural colors, and large-scale nurseries perpetually tinker with new cultivars, from climbing varieties to the sorts that bloom even in the shade, today the perfume industry mainly uses just two sorts of roses for fragrances: the spicy Rosa damascena, or Damask rose, and sparkling, tangy Rosa centifolia, sometimes called May rose. Damascena, thought to have been cultivated in the Middle East around 500 B.C. and grown largely in Bulgaria, Turkey and Iran, accounts for about 95 percent of the world’s rose oil (a byproduct derived through steam distillation) and rose absolute (obtained through mixing in solvents).

The more delicate, early blooming centifolia, stabilized as a hybrid in the 1870s in Grasse and still grown there as well as in Morocco, contributes the tiny remaining portion. Instead of seeking innovation with new cultivars, the perfume companies lean on the narrative of immutable history, the mythos of the historic fields, the lure of flowers unchanged through the generations, to counterbalance the fact that perfumes are largely made of synthetic ingredients. (Researchers have genetically mapped rose DNA, but the molecular version pales.)

27tmag-rose-t-2-articleLargeDucher’s farm near Gier, France, where the new hybrid rose will stay for two years before being climate-tested elsewhere.

For years, this logic drove Francis Kurkdjian nearly mad.

The celebrated 46-year-old nose, who created such classic scents as Narciso for Her and Gaultier’s Le Male as well as his own Maison Francis Kurkdjian, was frustrated that perfume roses existed in such a reductive binary. Considering how important the rose is to fragrance, how huge the fragrance business has become internationally, how much rose oil costs (it can take up to 60,000 roses to get a mere ounce of oil), why not breed a revolutionary blossom for modern times, one lusher or more fruity ?

27tmag-rose-t-3-master180Kurkdjian (left) and Ducher at their testing property.

His quixotic odyssey began in earnest in 2009, when he was flying back to Paris from New York.

The in-flight magazine contained an article on Fabien Ducher, 44, the scion of one of the world’s most famous rose-breeding clans. His family had created such classics as the world’s first modern yellow bloom in 1898 and the climbing variety that was a favorite of William Randolph Hearst and may have inspired Orson Welles to invoke the word ‘‘Rosebud’’ so poignantly.

But because his relatives had dispersed, some into the cut-flower business, many of their historic hybrids were now mostly grown in rarefied botanical gardens. At the time, Ducher was traveling the world to gather cuttings and reassemble the collection at his farm near Gier, outside of Lyon. This is the guy, Kurkdjian thought, who would be willing to do something crazy. Crazy enough to be the first person in centuries to cultivate a new, third rose. Within weeks he was on the bullet train to Gier. It was a trip he would wind up taking dozens of times over six years. ‘‘It is,’’ he says, ‘‘this insane project that we cannot get out of our minds.’’

Walking with Kurkdjian and Ducher through their rustic botanical laboratory on a hillside, you are jolted alive by the scent.

It wafts in waves from rows of plants and unruly six-foot-tall mounds covered in nodding, imperfect blooms that range from molten pink to blackish purple to the palest butter yellow. Some are the size of cantaloupes with up to a hundred dense peonylike petals, others as tiny and airy as Ping-Pong balls. The smell is rose but not rose: maroon noisette tinged with anise and Golden Delicious apple; Jacques truphemus, ballerina pink and ripe with verbena; startling white Mrs. Herbert Stevens, laden with comice pear and freesia.

27tmag-rose-t-4-articleLargeKurkdjian, whose frustration with the lack of diversity in perfume roses sparked a quixotic journey to create a fresher hybrid, at his studio in Paris.

It is not hard to make a rose redolent enough for the garden, but to breed one that will stand up to perfume processing is a challenge.

Ducher and Kurkdjian traced back the ‘‘ancestors’’ of the two existing fragrance hybrids in a slew of combinations. It needed to have the perfect petals; not too thick and leathery, yet not tissue-thin. The scent had to be powerful enough to be steam distilled. The plants must be bred under the natural constraints of the field, and then must make it through the next winter as well as be regrown from seed to test for staying power. It takes five years to know if the flower will produce enough oil and resist disease and pests. Kurkdjian and Ducher, whose main tool is a slender sable-tipped paintbrush to spread the pollen of one plant onto the stamen of another, have spent dozens of near-dawn mornings sniffing madly, eyes shut beatifically.

One season nothing bloomed; another, there were ladybugs.

In 2012, finally, the rose of their dreams pushed through the loamy soil and flowered. This spring, they were able to get two dozen plants whose pale pink blossoms had all the crisp, sweet lychee-strawberry power they had selected it for. Kurkdjian took one precious plant back to Paris with him, begging a friend who has a terrace to nurture it, calling daily to get progress reports and photos of the buds. The code name for the project pays tribute to his Armenian grandmother, Nevarte, whose name means ‘‘New Rose’’ in Armenian. She came to France as a young woman and was strong, too, a fighter. ‘‘You have to torture the flower in this process, so it has to be bold,’’ he says. Kurkdjian is looking for places to begin cultivation on a larger scale. As fall approaches, he and Ducher now have 50 plants — enough to get 1,000 roses next year, perhaps about a shot glass worth of oil. It’s a start. Within three years, they’ll have enough to make a batch of perfume. »


Source:
Article by Nancy Hass
http://www.nytimes.com/2015/09/24/t-magazine/francis-kurkdijan-fabien-ducher-rose.html?_r=2

Cet article n’engage que son auteur/ This article is the sole responsibility of the author

Parfums de Rentrée : Le Vintage est dans L’air

« C’est l’automne, les parfumeurs dévoilent leurs nouvelles créations. Voici nos coups de cœur olfactifs.

%d blogueurs aiment cette page :