Beauté: Efficacité de la Phytocosmétique

« Les plantes assurent l’efficacité d’un grand nombre de produits de beauté et conservent leur légitimité à l’ère de la technologie de pointe.

1834460992_B976736690Z.1_20151007203115_000_GCP5BDBJ6.1-0.gif

La phytocosmétique, vieille comme le monde, regroupe l’ensemble des produits de beauté à base d’ingrédients végétaux.

Tous les cosmétiques ne sont-ils pas formulés ainsi ? Certes, mais la phytocosmétique place les ingrédients naturels, bio ou non, au cœur de ses formules et non en périphérie. C’est-à-dire qu’ils ne se contentent pas de parfumer un produit ou d’en améliorer la formule, ils lui apportent ses vertus mêmes.

Qui dit plantes songe immanquablement aux recettes de grand-mère. Et effectivement, nombre d’actifs naturels issus du monde végétal sont connus de mémoire d’homme et rendent toujours de fiers services, y compris en médecine.

Mais à l’ère du tout technologique, la phytocosmétique est-elle encore d’actualité ?

À l’instar des autres sciences, celle de la nature a beaucoup évolué récemment et on ne cesse de découvrir de nouveaux principes renfermés dans les végétaux, explique José Ginestar, directeur du développement scientifique pour la marque Sisley, l’une des pionnières du secteur, fondée par Hubert et Isabelle d’Ornano en 1976. Le monde végétal est inépuisable, il reste tant d’espèces à découvrir ! Les principales avancées consistent à identifier les meilleurs actifs et à se montrer plus sélectif dans le choix des plantes.

Le progrès consiste aussi à affiner les moyens d’extraction, voire à en créer de nouveaux. Ainsi, la technique dite du CO2 supercritique, qui se base sur les pouvoirs solvants du dioxyde de carbone, permet d’extraire les actifs liposolubles (solubles dans les graisses) de manière à ne pas dénaturer leurs vitamines et leurs propriétés. On travaille également par centrifugation.

La culture des cellules végétales a également fait des bonds : voici dix ans, on n’aurait jamais cru possible de multiplier des cellules végétales à partir d’un morceau de feuille ou de racine.

1111189591_B976736690Z.1_20151007203115_000_GCP5BDBES.1-0.gifLes plantes modèles

Les plantes fascinent depuis toujours pour leurs étonnantes capacités de survie et d’adaptation à un milieu donné. Montaigne le disait : Nature peut et fait tout. Or, notre environnement est désormais agressé par toutes sortes de pollutions !

Les végétaux sont en quelque sorte des role models pour l’homme, qui ne se lasse pas d’apprendre à leur sujet. Les plantes sécrètent des éléments de défense. Ces mécanismes intéressent la cosmétique, poursuit José Ginestar. Quand on est attentif à l’écosystème, comme c’est le cas pour Sisley et la grande majorité des marques de beauté, l’écoresponsabilité va de soi. Les règles d’exigence restent trop faibles en Europe et dans le monde, déplore José Ginestar.

La Cites (Convention sur le commerce international des espèces – faune et flore – menacées d’extinction) se contente d’émettre avis et conseils, sans obligation de s’y conformer. Or, le respect de la biodiversité est au cœur de l’ADN de notre marque. La seule manière de continuer à produire, c’est de le faire dans un objectif durable.

Le consommateur doit se sentir en confiance. Nous utilisons souvent des matières premières biologiques, sans communiquer là-dessus. Le mot d’ordre chez nous est de sortir le meilleur produit possible, quel que soit le temps que cela demande. Heureusement, car il y a toujours des inconnues en laboratoire !

On ne pourrait pas fonctionner avec des deadlines trop strictes. Pas de marketing ni de course à la nouveauté ! Cette exigence de lenteur et l’emploi de matières premières triées sur le volet (extraits, huiles essentielles) ont cependant un prix, celui à payer pour être sûr d’appliquer sur sa peau un produit d’une qualité, d’une efficacité et d’une innocuité réelles.

La qualité est une conséquence de notre méthode de travail. Lorsque je travaille au labo avec mon équipe, on ne nous met pas la pression. On nous demande : Combien coûte la recherche nécessaire à la mise au point de telle ou telle nouveauté ? Nous fixons le prix du produit en fonction de cela. Dès que la loi de la rentabilité prime, on empiète sur la qualité et la stabilité de la formule.

Des attentes toujours plus vertes

Si l’écologie ne fait toujours pas recette en politique, elle a réveillé les consciences : nous sommes devenus plus exigeants quant au contenu de notre salle de bains.

Il est important de sonder les demandes du public pour coller à ses attentes et de faire des tests de consommation. Mais le marché crée aussi des besoins inutiles, nuance José Ginestar. Chez nous, ce sont les nouveautés, les découvertes et les avancées en laboratoire qui sont à la base de nouvelles gammes de produits. Laisser à la nature le temps de se régénérer est la seule façon de ne pas épuiser ses ressources. Or, celles-ci proviennent majoritairement de pays en voie de développement, en particulier l’Amérique latine.

1393483012_B976736690Z.1_20151007203115_000_GCP5BDBFE.1-0.gif

La biopiraterie, c’est fini ?

Dès les années 80, on a assisté à l’appropriation illégitime de ressources et de connaissances ancestrales, sous la forme de brevets déposés sur des noms d’espèces ou des gènes isolés en laboratoire (à noter que la plante ne peut pas être brevetée).

Or, les secrets de la nature restent aux mains des populations locales, hélas pas toujours payées en retour pour leur travail et les efforts fournis. Cela dit, grâce au succès du bio, une prise de conscience a émergé et la majorité des marques, dont pas mal de petites maisons confidentielles, mettent un point d’honneur à agir de manière plus humaine et (éco) responsable, conseillées par des ethnobotanistes.

Heureusement, car un immense territoire reste encore à défricher. Savez-vous que 10 % seulement des plantes connues sont utilisées scientifiquement ? Or, la voie naturelle s’est très vite révélée plus efficace que d’autres (par exemple les voies plus chimiques, NDLR), car porteuse de promesses et de performances, insiste Philippe d’Ornano, président du directoire Sisley.

Mais, aujourd’hui, l’image phyto ou naturelle d’une marque cache un côté scientifique poussé et sérieux. Chez Sisley, toute recherche se fait avec l’idée du long terme. Nous essayons de construire quelque chose dans le temps et de créer de la fidélité. Nos clients sont fidèles et très attachés à cette exigence de qualité et de sincérité.

Le pouvoir des odeurs

L’aromachologie (aroma + psychologie) se définit comme l’étude de l’influence des arômes sur le comportement. Elle constitue un prolongement naturel de la phytocosmétique et intéresse les marques depuis plusieurs années.

L’Occitane s’en est fait une spécialité, grâce à une association – moins fréquente qu’il n’y paraît – de trois composantes : la naturalité, l’efficacité et la sensorialité. Nos formules, ramenées à l’essentiel, comportent 95 % à 100 % d’ingrédients naturels, avec des textures plaisir et des parfums à l’efficacité vérifiée scientifiquement, y compris au plan émotionnel.

Tout cela crée un environnement propre à la détente, détaille Olivier Baussan, fondateur de la marque. Nos laboratoires s’intéressent de près aux récents chantiers sur les effets des huiles essentielles sur le bien-être physiologique et émotionnel par le simple pouvoir de leur parfum. Les odeurs synthétiques, elles, peuvent avoir certains effets, mais d’une efficacité très modérée.

1785953613_B976736690Z.1_20151007203115_000_GCP5BDBFR.1-0.gif

Selon les huiles essentielles choisies, les bienfaits des parfums naturels varient : certains euphorisent et énergisent, d’autres sont relaxant, sédatifs, antidéprime ou sensuels. Et ça marche. Un test scientifique fondé sur des mesures instrumentales objectives a permis de prouver l’efficacité rééquilibrante du parfum de notre nouvelle gamme, poursuit Olivier Baussan.

Grâce à cette analyse, on a pu conclure à une récupération plus rapide et plus efficace chez les volontaires du groupe ayant inhalé le parfum. Nous recommandons d’utiliser les produits rééquilibrants le week-end, dans un esprit spa à domicile. Ils fonctionnent de manière holistique, c’est-à-dire qu’ils stimulent tous les sens, rétablissent l’équilibre, apportent bien-être et harmonisent le corps et l’esprit. Cette gamme complète nos lignes de soins relaxants et tonifiants. Il suffit d’inspirer pour en ressentir les effets.
La nature est une baguette magique. Pétrifiée, comme l’écrivait Novalis ? Plutôt en perpétuel mouvement, bien au contraire. »

Note: Emission de radio de Stéphanie Grosjean, dans “ Questions-clés ” de Véronique Thyberghien.


Sources :
Article de Virginie Draelants. Illustrations Émilie Seron
http://www.lesoir.be/1009903/article/victoire/air-du-temps/2015-10-07/beaute-efficacite-phytocosmetique
Emission : http://podaudio.rtbf.be/pod/lp-qc_questions_clc3a9s2c_la_phytocosmc3a9tique2c_tou_22720681.mp3

Cet article n’engage que son auteur/ This article is the sole responsibility of the author

Publicités