Quels Enjeux pour la Chimie Verte?

« Demain, la chimie du végétal ne sera peut-être plus compétitive dans un contexte économique fluctuant et imprévisible (chute du prix du pétrole, volatilité des matières premières…). Les freins à son développement restent encore nombreux. Pourtant, des solutions existent.

Quelle stratégie d’ici 2020 ?

L’ADEME a récemment présenté son plan 2014-2020 en matière de recherche, développement et innovation. Parmi les 13 programmes stratégiques, celui sur la caractérisation, mobilisation et valorisation de la biomasse figure en bonne place.

De quoi s’agit-il? De promouvoir tous les projets utilisant des matières premières renouvelables en remplacement des ressources fossiles dans les produits destinés à la chimie et aux matériaux. Pour l’industrie cosmétique, cela concerne les tensioactifs, solvants, lubrifiants, et autres ingrédients pouvant être obtenus à partir d’oléoprotéagineux (colza…), de plantes amidonnières (maïs, blé…) et sucrières (betterave…), de micro et macro-algues, de ressources sylvicoles, plantes herbacées, écoproduits ou sous-produits industriels organiques.

La liste n’est pas exhaustive. De grands groupes industriels tels que le Néerlandais DSM ou l’Allemand BASF proposent déjà à grande échelle de l’acide succinique agro-sourcé (tensioactif vert) et des molécules synthons (building blocks).
En France, les laboratoires Pierre Fabre se sont associés en 2014, au cluster Chimie verte de l’Union des industries chimiques (UIC) de Midi-Pyrénées, au côté de Seppic, BASF… afin de promouvoir les projets respectueux de l’environnement. Cependant, les freins au développement de cette filière sont encore nombreux et ne sont pas seulement économiques (réglementation REACH, compétition des usages avec l’alimentaire, verrous techniques…).

REF201406265496Essai de culture cellulaire de macroalgues

Demain quelles solutions ?

Pour soutenir cette filière, plusieurs actions sont possibles : sélection variétales et travail sur les rendements, soutien de la recherche sur les procédés hybrides couplant biotechnologies industrielles et procédés chimiques comme la catalyse, domaine d’excellence de la France, valorisation des coproduits par biotechnologie, développement de la chimie des acides gras…

La biotechnologie justement est peut-être celle qui a le plus séduit les acteurs de la cosmétique. Dans le domaine de l’exploitation des algues, BiotechMarine, une société française implantée sur la côte nord de la Bretagne depuis 1988, et filiale de SEPPIC (Groupe Air Liquide) est LE spécialiste des substances naturelles bioactives high-tech extraites d’algues et de plantes marines. Son créneau : proposer des principes actifs pour la cosmétique tout en préservant les ressources marines.

Les équipes de BiotechMarine, se sont intéressées au cycle de vie de l’algue brune Undaria pinnatifida (plus connue sous le nom de Wakame au Japon) et notamment au stade éphémère des gamétocytes, pour mettre au point leur principe actif grâce à une technologie inédite : CELEBRITY™. L’intérêt et la prouesse a été de capter et de valoriser le stade éphémère de cycle de vie. Ainsi par ce nouveau processus, il est possible de constituer des banques de données de cellules de macroalgues de nombreuses espèces encore peu ou pas explorées d’intérêt cosmétique.

Pour Erwan Le Gélébart, chef de projet R&D chez BiotechMarine : « Notre approche est de mettre au point des procédés uniques pour la culture cellulaire de ces macroalgues. C’est une innovation majeure dans les principes actifs cosmétiques.» Cette technologie permet un nouveau sourcing marin écologique.

Capture d’écran 2015-09-22 à 10.10.19Concept de l’Ephermer en clin d’oeil au stade des gamétocutes de l’algue WAKAME

Vers un nouveau modèle ?

Mais laissons le mot de la fin à Roberto Lima, CEO de Natura, exprimé lors de la remise à Sao Paolo, de la certification «Benefit Corporation» par une ONG américaine:
«L’obtention de cette certification majeure renforce notre conviction que, si la recherche du profit constitue la base de nos activités, cette quête ne doit pas être le seul but de notre existence.

Au delà d’une contribution sociétale par l’adoption de pratiques durables, nous voulons promouvoir ce mouvement en pleine expansion afin de sensibiliser l’opinion…pour un futur plus équilibré et plus équitable du point de vue économique, social et environnemental».
«La société accordera une plus grande valeur aux entreprises exerçant leur rôle d’agents du changement social et environnemental», a ajouté Joao Paulo Ferreira, vice-président des ventes et du développement durable de Natura. »


Sources:
Article par Michelle Vincent
Publié dans Beyond Beauty Mag #43/44
http://cosmeeting.com/blog_article.aspx?id=31207&mode=preview#.Vgf-JZdF3W7
http://docs.publi-interactive.com/beyondbeauty/bbmag43/#

Cet article n’engage que son auteur/ This article is the sole responsibility of the author

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