Toxicité du Plomb et de ses Dérivés

R. Garnier. Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Pathologie professionnelle et de l’environnement, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, 2015, vol.10, N°2, 16-007-A-10, 13 p. Bibliographie.

plomb

« Les principales activités entraînant des expositions professionnelles au plomb en France sont la métallurgie du plomb, celle du zinc, la fabrication et la récupération des batteries d’accumulateurs, le découpage au chalumeau de ferrailles peintes, le décapage thermique ou mécanique de vieilles peintures, la production de cristal, le ciselage ou l’usinage de bronzes au plomb, l’étamage de radiateurs automobiles.

Les expositions extraprofessionnelles sont en lien avec l’air (concentration atmosphérique), l’eau, les aliments, les poussières, l’utilisation de cosmétiques traditionnels contenant du plomb, l’utilisation de vaisselle artisanale ou d’ustensiles de cuisine en alliage plomb-étain, la conservation de boissons dans des récipients en cristal, etc…

L’absorption de plomb se fait par voie respiratoire ou digestive.

La distribution du plomb dans l’organisme se fait dans le sang, les tissus mous et l’os (demi-vies respectives de 36 jours, 40 jours et 27 ans). Chez l’adulte, près de 95% du plomb présent dans l’organisme sont dans l’os. Le plomb traverse facilement la barrière placentaire.
L’excrétion est essentiellement urinaire (supérieure à 75%) et fécale (15-20%), le reste est éliminé dans les phanères, la sueur et les sécrétions bronchiques.
L’intoxication aiguë par le plomb inorganique est rare et ne peut résulter que d’une ingestion massive ou d’une administration parentérale.
L’intoxication chronique produit des effets neurologiques (encéphalopathie, troubles du comportement, neuropathies périphériques), un syndrome abdominal (colique saturnine), des effets rénaux, cardiovasculaires (augmentation de la tension artérielle), hépatiques (cytolyse hépatique), métaboliques et endocriniens (concernant l’acide urique, la vitamine D, les hormones thyroïdiennes), hématologiques (inhibition de la synthèse de l’hème, anémie, présence d’hématies à granulations basophiles), immunotoxiques, des effets sur la reproduction (toxicité testiculaire, effets sur la grossesse et sur le développement fœtal).

Le CIRC a conclu à des preuves épidémiologiques limitées de la cancérogénicité du plomb. Chez l’homme, le risque bronchopulmonaire est inconstamment retrouvé et il n’y a pas d’augmentation des risques de cancers rénaux et cérébraux.

Il existe des valeurs toxicologiques de référence pour la concentration du plomb dans l’air (air extérieur et dans l’atmosphère des lieux de travail) et dans l’eau destinée à la consommation humaine.
La surveillance biologique de l’exposition au plomb se fait via la plombémie, la plomburie spontanée, la plomburie provoquée ou la mesure du plomb dans l’os.
Les indicateurs biologiques d’effets précoces sont l’acide delta-aminolévulinique urinaire (ALAD) et la protoporphyrine-zinc (PPZ).
« Un dispositif réglementaire complexe organise la prévention technique de l’exposition au plomb, la formation et l’information des travailleurs exposés, les règles d’hygiène individuelles et collectives ».

Certaines manifestations de l’intoxication saturnine professionnelle sont indemnisables au titre du tableau n°1 des maladies professionnelles du régime Général et du tableau n°18 du régime Agricole.
En cas de saturnisme infantile, il convient de rechercher les sources de plomb dans tous les lieux de vie habituels de l’enfant, de les éradiquer, d’instaurer des mesures hygiéno-diététiques et éventuellement d’appliquer un traitement chélateur. »


Sources:

http://www.camip.info/Toxicite-du-plomb-et-de-ses.html
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1762585804000281
http://www.em-consulte.com/article/30295/toxicite-du-plomb-et-de-ses-derives

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